Quel week-end, mes amis!
Une ambiance hors du commun, des paysages fascinants, une table généreuse à la gastronomie parfois surprenante.

Il nous en fallut du temps pour nous en remettre.

Ah la Petite Suisse Luxembourgeoise, un nom qui laisse rêver et pourtant elle reste si méconnue. En tout cas, personne de notre joyeux groupe n'avait encore foulé les sentiers du Müllerthal. D'ailleurs pour certains, ce fut une première experience de marche, Réussie, à en croire les sourires enjoués de fin de séjour.

                               Les paysages étaient tout bonnement époustouflants. Le premier jour, les rayons de soleil traversant les frondaisons et jouant de milles reflets sur les ruisseaux, conféraient une atmosphère tout à la fois guillerette et mystérieuse. Nous nous faufillions entre les diaclases labirynthiques, pour surgir tout à coup au sommet d'un plateau surplombant la vallée de l'Ernz Noire. Le deuxième jour, le ciel tirait une triste mine. Qu'à cela ne tienne, nous prenons la route avec bonne humeur. Nous traversons une forêt jardinée, le sol y est jonché d'arbres mort, recouverts de mousse. Les polypores forment autant de minuscules bancs destinés au petit peuple de la forêt que l'on s'attend à en voir surgir de derrière une roche. La nébulosité augmente encore cette ambiance énigmatique. En sortant, de sous l'abri des futaies, nous réalisons que la puie n'a pas diminué d'intensité. Nous poussons, jusqu'au pied du Roitsbach où nous trouvons refuge pour casser la croûte, tout en espérant que les intempéries cessent. En vain. Nous sillonnons alors, à la lumière des bougies, les dédales rocheux aux noms révélateurs : Repaire des Brigands, Aire de l'Aigle, la Morgue, Île du Diable, Nous n'avons malheureusement pu réaliser l'entièreté du chemin, la pluie et la fatigue des troupes nous en a, en effet, dissuadés.

                               Quelle ambiance en tout cas, tant sur les sentiers où les randonneurs ne démordaient pas de leur humeur joviale, qu'en soirée où énigmes logiques et morales, anecdotes truculentes et ragots de Rafaël, défis internationaux et jeux se sont enchaînés avec frénésie. Pas une seconde de répit, ou alors tout juste de quoi reprendre son souffle avant un prochain fou rire. Certains n'ont pas beaucoup dormi, pris qu'ils étaient dans le jeu.

Sur le plan gastronomique, des plats copieux et riches, des vins délicieux aux arômes subtils, des entrées raffinées et les douceurs acidulées de tarte aux groseilles et rhubarbe du jardin. Mais la palme d'or en matière de découverte fût tout de même le Judd (collet de porc fumé) au Fêves des Marais accompagné de Stäerzelen (miche-popote à la farine de sarrasin).

Merci aux valeureux jeunes chevaliers Phillipe, Olivier et François qui au péril de leur existence (ou en tout cas au risque de développer une tendinite) ont mélangé des minutes durant cette effroyable mixture. Merci à vous tous d'avoir dépassé les apparences et d'avoir tous goûté ce Stäerzelen. Et un merci tout spécial à Jurij et Mateja qui en ont repris trois fois !

Maintenant tsscht, plus un mot, et place aux photos, par ordre de leur apparition sur le web...